L’ISIT met aujourd’hui en ligne son nouveau site. Dynamique, riche en informations précises, il s’adresse à tous : futurs étudiants, étudiants, parents, enseignants, entreprises, chercheurs du monde entier. Nous attendons qu’il soit aussi interactif et permette des échanges de points de vue. La Lettre qui s’ouvre ici permettra la mise en ligne d’articles sur les différents domaines d’activité de l’école sans empiéter sur la rubrique actualité, par principe mouvante, ou le site de la recherche destinée à un public universitaire. Les différents rédacteurs développeront les initiatives, projets ou commentaires sur les domaines de compétence de l’école.
Les journées européennes des langues qui se sont tenues fin septembre sont venues bien à propos relever les contradictions que véhiculent les discours sur la maîtrise des langues étrangères en France. Alors même que les différents acteurs : entreprises, éducation nationale, médias se plaignent de la faible maîtrise des langues étrangères chez les Français, les mêmes acteurs affirment qu’il n’y a pas de débouchés pour les « linguistes », traducteurs et autres spécialistes des langues étrangères.
Or il existe des débouchés réels, avec des salaires conséquents pour des traducteurs, des interprètes de conférence de très haut niveau ainsi que des managers travaillant sur des problématiques interculturelles dans leurs langues de compétence. La contradiction réside dans la confusion constante entre la maîtrise d’une langue et la compétence en traduction ou l’interprétation qui exige une maîtrise des méthodologies spécifiques à ces différents métiers, la maîtrise des langues n’étant qu’un pré-requis.
Les grandes organisations internationales sont à la recherche de ces experts qui viendront remplacer dans les années à venir les départs à la retraite. Rien que pour la Commission européenne ce sont 200 interprètes de conférence de langue maternelle française qui devront être recrutés dans les prochaines années.
La Direction Générale de la Traduction de la Commission a créé un réseau d’écoles et d’universités labellisé EMT « European Master in Translation » pour les formations dont le niveau correspond à ses exigences qualitatives - seules 34 formations européennes sur les 94 qui se sont présentées ont répondu à ces critères.
L’ONU vient de lancer un appel à la signature de partenariat entre des formations de traducteurs de langue française afin de remédier au sous-effectif de traducteurs au Secrétariat des Nations Unies.
Il est urgent de faire savoir cette réalité car les enjeux sont considérables : si l’on manque d’interprètes et de traducteurs francophones de haut niveau le français sera de moins en moins utilisé dans les grandes organisations internationales. Tout sera alors véhiculé par la culture anglo-saxonne, avec les risques de déperdition culturelle et économique que cela engendre.
L’enjeu n’est pas moindre pour les entreprises qui doivent aujourd’hui relever les défis économiques mondialisés et la gestion d’équipes multiculturelles. Le besoin en cadres de haut niveau possédant une maîtrise parfaite des langues et des cultures qu’elles véhiculent, est un enjeu stratégique primordial. La formation en management interculturel dispensée par l’ISIT complète celle des traducteurs et des interprètes de conférence, cœur de métier de l’école. Leur habilité à passer d’une culture à une autre et non simplement d’une langue à une autre les rend indispensables dans les négociations et le management des entreprises internationales.
Marie Mériaud-Brischoux, Directrice générale