Aline Mathis

ISIT-BLCU 2014, Chine

12/02/2015

ISIT-BLCU (Pékin) 2014

Aline est la 2è étudiante de l’ISIT à être également diplômée de l’Université de Pékin, dans le cadre du double Master en traduction et interprétation signé en 2011. Un apprentissage de l’interculturel dont elle a su tirer pleinement profit pour démarrer sa carrière professionnelle en Chine. Avant de poursuivre son tour du monde comme traductrice grâce à son double diplôme d’excellence reconnu internationalement.

 Avant l’ISIT ?

Mon parcours avant l’ISIT m’avait déjà ouvert beaucoup d’horizons. Après une Hypokhâgne à l’Ile de la Réunion où j’ai grandi, je me suis inscrite en Licence de traduction anglais/Chinois à l’ILMH (Institut Libre Marie Haps) de Bruxelles. Le chinois me fascinait déjà à l’époque, davantage par son côté lointain et mystérieux que pour des raisons d’ordre pragmatique. Ma candeur d’adolescente me disait que la découverte du monde chinois serait une aventure qui ne me décevrait pas. Après avoir passé 5 mois à Shanghai durant ma dernière année de Licence, j’ai obtenu une bourse du gouvernement chinois qui me permettait de repartir un an à Nankin avant de commencer mon Master. L’expérience « Shanghai » ayant dépassé mes attentes, j’ai sauté sur l’occasion. Suite à cette année d’échange à l’Université de Nankin, j’ai souhaité améliorer mon anglais, qui restait un peu à la traîne, et suis entrée à l’Université de Newcastle pour suivre une année de Master Traduction/Interprétation anglais-chinois. Après cette expérience d’un an très bénéfique, j’ai décidé de clôturer mes études par une formation en France et c’est ainsi que j’ai découvert l’ISIT.

Pourquoi l’ISIT ?

L’ISIT me semblait le plus approprié au regard du parcours que j’avais suivi antérieurement. L’option chinois venait d’être récemment mise en place et la réputation de l’établissement n’étant plus à faire, je n’ai pas cherché plus longtemps. Ma réussite aux examens d’entrée n’a fait que confirmer que j’avais touché juste.

Pourquoi le double diplôme ISIT-BLCU [1]?

Le double cursus était l’opportunité rêvée pour moi ! D’autant plus qu’il débutait exactement l’année de mon arrivée à l’ISIT, une chance ! Il fut une porte ouverte à des opportunités qui ont dépassé toutes mes espérances. La question du choix ne s’est même pas posée pour moi. Il m’était impensable de rater cette occasion de poursuivre mon Master en Chine. D’autant plus que mon parcours antérieur m’avait déjà fait prendre goût aux voyages et au changement.

Aline_Mathis Diplome BLCU 2

Comment s’est déroulé le cursus en Chine ?

Plein de surprises et de rebondissements !

  • Tout d’abord, à la différence de mes expériences précédentes en Chine, mes cours se déroulaient cette fois au côté d’étudiants chinois, et non d’étrangers. Nous apprenions les même choses, vivions les mêmes expériences, avions les mêmes professeurs, étions soumis aux mêmes exigences. Ce fut dans ce contexte que les différences culturelles me sont enfin apparues de manière frappante. Une fois les surprises culturelles et les remises en question passées, j’ai eu la chance de profiter du fort esprit d’entraide qui régnait dans notre classe, d’échanger mes points de vue et mes connaissances, de me faire aider par mes camarades chinois et de leur rendre la pareille.
  • Je n’oublierai jamais non plus les professeurs qui m’ont suivie dans mon parcours durant ces deux années passées à la BLCU. Ils ont contribué à faire de moi la personne que je suis maintenant, tant sur le plan académique que personnel. Je crois même avoir été, sans le vouloir, contaminée par l’esprit d’«École Mère », enraciné au plus profond de la culture chinoise. 
  • Enfin, le fait d’être une étrangère en Chine m’a offert des missions de travail inenvisageables en Europe : un jour traductrice pour le Ministère de l’Education, une autre fois interprète lors d’un séminaire sur la sécurité sociale ou les nouvelles technologies de l’information, ou à l’occasion du salon de l’audiovisuel, de l’automobile ou encore pour un défilé Dior… tout cela à côté de nos cours, et j’en passe…
Aline_Mathis Diplomés 1

Après l’ISIT ?

Si la structure au sein de laquelle je viens d’être embauchée, Campus France, me le permet, j’espère travailler encore deux ou trois ans en Chine avant d’aller découvrir d’autres pays. Campus France étant implanté partout dans le monde, ce serait l’occasion pour moi de passer d’un pays à l’autre avec l’assurance de conserver un emploi stable et intéressant. Mais tout cela en est encore au stade de plan sur la comète. Une chose est sûre cependant, je compte m’installer en tant que traductrice/interprète free-lance parallèlement à mon travail. Je fais déjà depuis plus d’un an des traductions pour une entreprise médiatique pékinoise et compte étendre mon réseau.

Vos conseils pour les candidats/étudiants ?

  • Suivez votre penchant. Je ne conseillerais pas à tous les étudiants de partir en Chine ou ailleurs sous prétexte que voyager est nécessairement épanouissant, enrichissant, valorisant ou je ne sais encore quelle autre idée toute faite. cela peut l’être, et j’en suis la preuve vivante, mais j’ai aussi rencontré des gens qui s’étaient très mal intégrés. Retranchés dans leur groupe de même nationalité, ils finissaient par ne plus voir que les côtés négatifs de la Chine au point de devenir prisonniers de ce cercle vicieux. Pour dire les choses clairement, ils perdaient leur temps. Non seulement leur niveau de chinois restait « au bas des pâquerettes », mais en plus ils vivaient mal leur « exil », se sentaient rejetés et n’étaient pas heureux. Un vrai gâchis.
  • Ensuite, il y a aussi ceux qui s’intègrent tellement bien qu’ils oublient pourquoi ils sont venus. Ah oui ! Les études…
  • Enfin, si vous avez soif de dépaysement, si la Chine et le chinois font partie de vos motivations profondes, si vous êtes prêts à remettre en question vos idées reçues et à saisir les occasions qui se présentent à vous, alors vous êtes prêts pour ce programme d’échange. Et qui sait où cela vous mènera-t-il…

[1] Université des Langues et des Cultures de Pékin