Dans les coulisses de l’International Space Summit : le témoignage d’un étudiant de l’ISIT
Les 9 et 10 septembre, notre étudiant Jad Habib en programme de Droit & Études multilingues, a eu l’occasion de participer à l’International Space Summit au Grand Palais. Invité à prendre part à l’événement en sa qualité de président du Comité interuniversitaire des Nations Unies de Paris, il a contribué à l’accueil de plusieurs délégations internationales et à la préparation de leurs rencontres bilatérales avec la France.
Il revient sur une expérience au croisement de la diplomatie, du protocole, des langues et des relations internationales.
Dans les coulisses d’un sommet international
Parler de l’avenir de l’espace sous la verrière du Grand Palais avait quelque chose de vertigineux. Les 9 et 10 septembre, j’ai eu la chance d’y vivre l’International Space Summit depuis les coulisses, en participant à l’accueil des délégations et à la préparation de leurs rencontres bilatérales avec la France.
J’ai notamment accompagné les rendez-vous avec l’Allemagne, le Japon, la Suède, la Pologne et les Émirats arabes unis. Au fil de ces rencontres, on croisait les ministres français Roland Lescure et Philippe Baptiste, la ministre japonaise chargée de la politique spatiale, le ministre suédois de la Défense ou encore le ministre émirati des Sports, également président de l’Agence spatiale de son pays.
Des ambassadeurs, les présidents du CNES et de la JAXA et des dirigeants d’entreprises qui construisent une partie de cet avenir participaient également aux échanges. Être entouré de personnes allées aussi loin dans leur domaine était impressionnant. Les entendre parler de ce qu’il restait à accomplir l’était davantage encore.
Quand l’avenir de l’espace se décide autour d’une table
Les échanges portaient sur l’observation de la Terre, la sécurité, les coopérations industrielles ou la préservation de l’orbite. Mais derrière les termes techniques, je gardais cette pensée un peu folle que nous sommes capables d’imaginer quelque chose ici, sur Terre, puis de l’envoyer travailler à des milliers de kilomètres au-dessus de nous. Et que cela commence aussi dans une salle, par des personnes qui se rencontrent et décident de travailler ensemble.
« J’ai trouvé beaucoup de beauté dans ce passage entre une ambition presque irréelle et le sérieux avec lequel on s’emploie à la rendre possible. »
Ce décalage m’a beaucoup plu. On pouvait parler de contrats, de souveraineté et de contraintes techniques sans que le projet perde quoi que ce soit de son audace. Il y avait quelque chose de réjouissant à entendre discuter avec autant de méthode de ce qui, pour beaucoup d’entre nous, reste encore une source de rêve.
L’exigence du protocole : être préparé pour que rien ne paraisse laborieux
À mon échelle, ce sérieux commençait avant l’arrivée des délégations. Avec les équipes, je veillais à ce que les salles soient impeccables. Il fallait aussi mémoriser les noms, les visages, les fonctions et les subtilités du protocole. Qui saluer en premier, comment s’adresser à chacun, quand accompagner le salut d’une légère inclinaison, prendre la parole ou laisser mon responsable conduire l’accueil.
J’aimais cette exigence qui demande de s’être beaucoup préparé pour que, le moment venu, rien ne paraisse laborieux. Il fallait être précis tout en restant chaleureux. Je voulais que chaque délégation sente que nous avions pensé à elle avant même qu’elle franchisse la porte.
Quand une langue crée un lien
Avec la délégation émiratie, pouvoir parler arabe a rendu les échanges plus naturels. C’était un vrai plaisir de voir ce qu’une langue familière pouvait apporter dans un environnement aussi officiel. Dans un sommet tourné vers ce que nous sommes capables d’inventer, j’aimais que quelques mots dans une langue partagée gardent une telle force.
« J’y ai retrouvé ce qui m’attire dans mon parcours à l’ISIT, cette possibilité de comprendre les codes de l’autre et de lui épargner un peu de la distance qui nous sépare. »
Trouver sa place
Ces deux journées m’ont aussi appris quelque chose sur l’assurance. On peut être très impressionné par les personnes présentes et néanmoins avoir toute sa place auprès d’elles. Quand une délégation arrive et que l’on compte sur vous, on finit par penser davantage à ce que l’on peut apporter qu’à ce que l’on représente.
Je crois que l’on peut commencer à se comporter à la hauteur de ses ambitions bien avant d’en avoir le titre. En étant préparé, en osant l’échange, en tenant ses responsabilités avec soin. J’étais venu contribuer à ce que chacun trouve sa place dans ces salles. Sans vraiment m’en apercevoir, j’ai commencé à y trouver la mienne.