Anne BLARD : Programme LWOW
Etudiant.ePouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Bonjour, je m’appelle Anne BLARD, je suis en première année au sein du Master Droit comparé : parcours Droit et études multilingues proposé conjointement par l’université Paris-Panthéon-Assas et l’ISIT.
Qu’est-ce qui vous a motivé à postuler pour le programme LWOW ?
C’est par le biais d’une de mes co-directrices de master que j’ai entendu parler du programme LWOW. Ce dernier nous a alors été présenté comme étant une expérience prestigieuse réunissant étudiants, enseignants et professionnels pour travailler en équipe multiculturelle et pluridisciplinaire.
Au vu de mon appétence pour les langues et pour le droit, l’idée de pouvoir collaborer avec des personnes du monde entier sur un sujet juridique donné m’a vivement encouragé à postuler. Le droit étant souvent enseigné de manière très théorique et solitaire, LWOW permettait alors l’inverse, ce qui, je pense, est une vision très moderne de la matière. En effet, je soutiens fortement l’idée que les solutions juridiques de demain ne viendront pas seulement des textes de loi, mais aussi de la collaboration avec des profils variés et divers.
De plus, l’idée était également de sortir de ma zone de confort académique et de développer ma capacité à interagir et à partager mes idées devant des professionnels de haut niveau.
Pouvez-vous nous décrire le déroulement du programme ?
Ce programme, bien qu’il se soit tenu officiellement du 13 au 15 mars 2026 à Carcavelos, Portugal, a en réalité débuté dès la fin janvier, en distanciel, via diverses visios tenues par Michele DeStefano, fondatrice du programme, et Anita Ritchie, directrice de ce dernier. Pendant ces dernières, nous avons pu avoir un aperçu des différentes thématiques que nous allions aborder lors du sprint et nous avions surtout eu l’occasion de faire connaissance avec les différents participants, quel que soit leur rôle.Une fois sur place, nous avons eu une première journée pendant laquelle nous avons pu rejoindre et discuter avec les membres de notre équipe. Des ateliers de team bonding étaient mis en place ainsi que divers ateliers sur le design thinking.
Nous avons pu commencer à réunir nos idées afin de commencer à brainstormer sur une problématique réelle.
La deuxième journée était consacrée à réfléchir sur une solution concrète afin de répondre à la problématique qui nous a été donnée. Ce fut la journée la plus intense car nous avions tous des avis différents au sein de mon équipe. Nous avons dû faire des compromis afin d’arriver à une seule solution.
Enfin le troisième jour était celui qui, à mes yeux, était le plus novateur ; nous avions eu une journée pour préparer la présentation de notre solution, nous avions dû lui donner forme, lui donner un nom, créer le logo, le PowerPoint ainsi que le script de notre présentation qui s’est déroulée le soir même devant l’intégralité du programme.
Quel était le défi ou le sujet principal sur lequel vous avez travaillé ?
Avec mon équipe, nous avons travaillé sur la problématique suivante : comment assurer la transmission des informations d’un client lorsque son avocat ou le professionnel qui l’accompagne cesse son activité (retraite, décès, etc.) ?
Ce sujet nous a été proposé par notre sponsor, iManage, une plateforme de référence dans la gestion de documents et d’e-mails pour les professionnels du droit.
Pour y répondre, nous avons imaginé une solution appelée iMiga : un assistant virtuel basé sur l’intelligence artificielle. Cet outil permettrait de centraliser les informations clés sur un client, comme ses préférences de travail ou certains éléments personnels utiles pour entretenir une relation de qualité.
Ces données seraient ensuite mémorisées par l’assistant, qui pourrait, par exemple, alerter le professionnel en cas de date importante oubliée ou de sujet sensible détecté dans un échange. L’objectif est de permettre au professionnel d’adapter son accompagnement et de maintenir une relation personnalisée avec le client.

Qu’avez-vous appris grâce à cette expérience, sur le plan tant académique que professionnel ?
Sur le plan académique, j’ai découvert que le droit ne s’étudie pas seulement dans les codes et les manuels mais aussi à travers le Design Thinking, une méthode de résolution de problèmes utilisée par les plus grandes entreprises et les cabinets d’avocats. L’idée est alors de partir de l’utilisateur, de l’humain, au lieu de partir de la loi. J’ai ainsi pu apprendre à déconstruire un problème juridique pour comprendre le client avant de proposer une solution technique.
Sur le plan professionnel, j’ai pu apprendre à gérer un projet de A à Z avec une équipe internationale, avec des profils différents, et j’ai surtout appris à ‘parler business’ et à comprendre les enjeux de rentabilité et d’efficacité qui entourent la pratique du droit aujourd’hui.
Quels sont les aspects du programme qui vous ont le plus marqué ou surpris ?
Ce qui m’a le plus surprise, c’est le fait d’être écoutée et considérée malgré mon statut d’étudiante. En effet, voir des associés de grands cabinets ou des directeurs juridiques écouter mes idées avec la même attention que celles de leurs collègues a été une immense source de confiance. J’ai aussi été marquée par la vitesse à laquelle on peut passer d’une idée abstraite à un prototype concret en quelques heures, quelques jours grâce aux divers ateliers présentés.

Pensez-vous que cette expérience vous sera utile dans votre parcours professionnel ? Si oui, comment ?
Absolument. Je pense qu’avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, le droit est en pleine mutation. Grâce à LWOW, j’ai pu apprendre à innover et à voir l’IA d’une manière bien différente de celle qui nous est présentée à l’université. De plus, discuter avec des professionnels du droit du monde entier, acquérir un réseau composé d’une centaine d’avocats, professeurs, directeurs d’entreprise de dizaines de pays différents est une expérience très enrichissante pour la suite de mon parcours professionnel.
Si vous deviez résumer votre expérience en une phrase, quelle serait-elle ?
Une expérience multiculturelle intense qui prouve que l’innovation juridique naît de la collaboration humaine plutôt que des textes de loi.