Ina Kang

IC 2015, France

07/07/2015

Interprète de conférence

Votre parcours avant l’ISIT ?

Après une classe préparatoire littéraire, j’ai étudié à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, où j’ai obtenu un master d’études anglophones et l’agrégation d’anglais, avec une spécialisation en linguistique. J’ai ensuite enseigné l’anglais dans le secondaire à Paris et ai commencé une activité de traductrice freelance. Au cours de mes études, j’ai eu l’occasion de partir vivre et étudier un an à Chicago, un an à Constance, et six mois à Cologne, en Allemagne. 

Pourquoi devenir interprète ?

Je viens d’une famille multilingue, ce qui m’a permis d’être confrontée très tôt à différentes langues et différentes cultures. Pendant mes études d’angliciste, j’ai ressenti le besoin d’utiliser mes langues à de véritables fins de communication, et d’acquérir une compétence très spécifique et concrète. L’interprète est à la fois nécessaire et invisible dans une situation de communication – meilleur il est, plus on oublie sa présence en pensant entendre directement l’orateur ! – et j’ai toujours aimé ce mélange paradoxal d’excellence et de discrétion. Et surtout, la diversité infinie des sujets à aborder, la nécessité d’apprendre et de se perfectionner en permanence, et l’adrénaline du travail « en direct » sont d’excellents remparts contre la routine et l’ennui !

Pourquoi l’ISIT ?

Etre diplômé de l’ISIT est une formidable carte de visite.

  • A l’ISIT, j’ai pu bénéficier des enseignements et des conseils de professeurs qui sont interprètes professionnels, et qui n’hésitent pas à partager leur expérience avec nous.
  • Tout au long de ma formation, j’ai pu effectuer des bénévolats (ONG, événements littéraires, audiovisuel) et des stages en cabine muette (UE, OCDE, Conseil de l’Europe) qui m’ont permis de me confronter au marché du travail et de mettre en application ce que j’avais appris à l’ISIT.
  • Enfin, la grande solidarité qui régnait au sein de ma promotion était un atout considérable. L’interprétation crée des liens et j’ai rencontré à l’ISIT des amis extraordinaires, partenaires de travail et soutiens précieux dans les moments difficiles. 

Après l’ISIT ?

  • Avec ma combinaison (français A, anglais B, allemand C), je travaille surtout sur le marché privé et institutionnel parisien, où le français et l’anglais sont très demandés. Mes clients sont donc très variés : des organisations internationales comme l’OCDE, le Conseil de l’Europe et l’UNESCO; les médias, notamment des chaînes de télévision et la radio; le Ministère des Affaires Étrangères; des clients privés, que ce soit pour une entreprise dans le secteur de l’énergie, une manifestation culturelle ou une conférence scientifique.
  •  Ce métier permet toujours d’être au coeur de l’action et de l’actualité. Deux exemples parmi d’autres : j’ai interprété lors de la COP21; et je suis partie avec une délégation visiter des camps de réfugiés en Grèce après l’accord UE-Turquie.
  •  Afin de travailler davantage avec l’allemand, j’envisage également de passer les tests d’accréditation des institutions européennes.

Des conseils pour les candidats/étudiants ?

  • Soyez professionnels, et ce dès l’examen d’entrée. Les étudiants en interprétation ne sont pas des étudiants classiques ; les professeurs sont vos futurs collègues. Il est très important de faire preuve de maturité et sérieux dès l’arrivée à l’école, dans le travail bien sûr, mais également dans vos relations aux autres et votre attitude (ponctualité…)
  • Soyez curieux. On peut être amené à interpréter dans tous les domaines : politique, économie, médecine, culture, finance, sport… Aucun sujet n’est inintéressant à partir du moment où on se donne la peine de creuser un petit peu. Il faut considérer cet apprentissage comme un jeu ou un défi personnel.
  • Sachez accepter la critique… mais également vous faire confiance. C’est un équilibre délicat. En interprétant, on s’expose beaucoup, et on dévoile sa personnalité (voix, diction, façon de communiquer), même si l’on n’est que la voix de quelqu’un d’autre. Il ne faut donc pas prendre les critiques des professeurs personnellement, car elles ne portent que sur une performance. Et toujours garder à l’esprit et mettre en valeur vos points forts, qui vous permettront d’avancer.
  • Travaillez dur ! L’interprétation, c’est du sport de haut niveau : excellence et rigueur, dans les entraînements et dans la performance. Il faut s’entraîner quotidiennement pour acquérir et consolider les techniques, avoir une bonne hygiène de vie pour être en forme et concentré en cabine. Cela nécessite quelques petits sacrifices, mais bonne nouvelle : vos camarades auront le même rythme de vie que vous, et c’est un métier de passion – vous ferez ces petits ajustements très naturellement.